
Naissance du surréalisme au Café de Flore (1913-1930)
Apollinaire, Aragon, André Breton…
Vers 1913, Apollinaire investit les lieux. Avec Salmon ils transforment le rez-de-chaussée en salle de rédaction : la revue " Les soirées de Paris " voit le jour.
La guerre ne changera rien aux habitudes du grand poète, le Flore est son bureau, il y reçoit à heures fixes. Ainsi un jour de printemps 1917, il présente Philippe Soupault à André Breton. Plus tard, en provoquant la rencontre entre ces deux jeunes poètes avec Aragon, Apollinaire jette ainsi les fondements du groupe dadaïste. La même année, il invente le mot "surréalisme". Quand Tristan Tzara arrive à Paris, ses amis dadaïstes lui font visiter le Flore car c'est là qu'Apollinaire avait vécu et était mort (en 1918).
En 1922, la rédaction de la revue érudite " Le Divan " se rassemble régulièrement sur les banquettes du Flore. Malraux, lui, vient y prendre son Pernod glacé.
1930 - Le Flore est en vogue (1930-1939)
Intellectuels, peintres, éditeurs, cinéastes s'y croisent
et s'y "reconnaissent"…
Dans les années 30, Pascal, le garçon-philosophe qu'Albert Camus surnommera Descartes, sert Trotzki ou Chou En Laï. C'est au tour des littérateurs d'accourir au Flore. Léon-Paul Fargue y passe une heure ou deux heures chaque jour, Raymond Queneau s'y entretient avec Michel Leiris. Georges Bataille, Roger Vitrac, Robert Desnos sont assis à une table voisine de celle de Thierry Maulnier que rejoint parfois Robert Brasillach. Inévitablement, les éditeurs y installent leurs postes d'observation : Bernard Grasset, Robert Denoël, Eugène et Charles Fasquelle. Des rescapés de Montparnasse y séjournent volontiers, comme Derain, les frères Giacometti, Zadkine ou encore Picasso en compagnie de Christian et Yvonne Zervos. Le peintre Yves Tanguy y entraine Léo Mallet, qui écrit après la guerre La nuit de Saint Germain des Prés. C'est au tour des cinéastes d'adopter le Flore : Marcel Carné, Yves Allégret côtoient des acteurs tels que Serge Reggiani, Jean Vilar, Arthur Adamov. La "bande à Prévert" investit les lieux, occupant parfois les trois quarts de la salle. La "bande à Prévert", c'était en fait le "groupe Octobre" : Jacques Prévert, Pierre Prévert, Jean-Louis Barrault, Raymond Bussières, Roger Blin, Marcel Duhamel, Jean-Paul Le Chanois, Guy Decomble, Paul Frankeur, Yves Deniaud, Paul Grimault, Fabien Loris, Sylvia Bataille, Maurice Baquet, Max Morise et le petit Mouloudji…
1939 - L'Occupation (1939-1945)
Jean-Paul Sartres et Simone de Beauvoir se réchauffent au Flore
" Au Flore, nous avons traversé l'Occupation comme un océan, les éclaboussures des évènements se cassaient sur le bordage".
Henri Pelletier (peintre)
En 1939, Paul Boubal rachète le Café de Flore.
Le gros poêle installé au milieu de la salle est une invitation aux longues permanences et les écrivains ne se privent pas d'en profiter. Simone de Beauvoir sera d'ailleurs une des premières à l'adopter. Jean-Paul Sartre écrit : " Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous ".
Autre détail d'importance, sous l'occupation, on ne rencontrait pas d'allemands au Flore. Sartre invente la philosophie " existentialiste ". Il affirme : " les chemins du Flore ont été quatre ans pour moi Les Chemins de la liberté… ".
A cette époque, le Flore ressemble plus à un club anglais qu'à un café, c'est par tables de 10 ou 12 que se réunissent ces copains de toujours ou de la veille, chacun peut alors s'improviser l'un des leurs à la seule condition de savoir se faire accepter discrètement ou brillamment. A cette époque Léon Paul Fargue et Maurice Sachs y viennent tous les jours. Simone Signoret écrit dans ses mémoires : " Je suis née un soir de mars 1941 sur une banquette du Café de Flore ".
L'Occupation, au Flore, avait comme un air de liberté ; la "bande à Prévert" d'un côté, la "famille Sartre" de l'autre, ou encore le "groupe communiste" avec en tête Marguerite Duras, Dionys Mascolo, Roger Vailland, Daquin.
Paris, après guerre (1945-1955)
L'existentialisme s'incarne en une jeunesse ivre de liberté,
Juliette Gréco, Boris Vian…
L'existentialisme est à la mode et Juliette Gréco impose son style longiforme. Boris Vian rédige "le manuel de Saint-Germain des Prés", joue de la trompette dans les caves, écrit des poèmes, il est de plein pied dans son époque et en est l'un des acteurs principaux. Saint-Germain-des-Prés est un lieu de rencontres et d'amitiés, un formidable laboratoire où chacun propose sa forme, sa couleur, son goût, sa vision de la liberté, car c'est bien de liberté dont il s'agit, avant toute chose. Arthur Koestler, Ernest Hemingway, Truman Capote, Lawrence Durrell sont des fidèles, ils sont tous membres du PCF, le Pouilly Club de France créé par Boubal, parti anecdotique portant le nom du fameux vin blanc servi au café. Le patron saluait à midi les amis surréalistes d'André Breton, et le soir Albert Camus ou les quatre hussards : Nimier, Déon, Kléber Haedens et Jacques Laurent, tandis qu'Albert Vidalie et Antoine Blondin engageaient de mémorables batailles d'œufs durs ( ou frais ) qui éclaboussaient tantôt les frères Prévert et leurs amis du groupe Octobre, parfois Artaud ou Vian.
Daniel Gélin et Danielle Delorme sont jeunes et beaux. C'est au Flore qu'ils abritent leur amour, Jacques Tati les a sûrement croisés, Sacha Guitry probablement enviés.
Les années 60
La Nouvelle Vague
"A l'époque, on avait l'impression que tout le cinéma se réunissait là : les auteurs et leurs muses, les dialoguistes, les décorateurs, presque tous ceux qui participaient à la création"
Daniel Gélin.
Le monde du cinéma s'empare des lieux : Christian Vadim, Jane Fonda, Jane Seberg, Roman Polanski, Marcel Carné. Brigitte Bardot, Alain Delon, Losey et Belmondo préféraient la terrasse, comme avant eux Simone Signoret, Yves Montand ou Gérard Philipe. Daniel Fillipachi fréquente assidûment le Flore qu'il a connu enfant lorsqu'il accompagnait son papa. Léo Ferré, quand à lui, n'y entre jamais sans Pépé, sa guenon, sur l'épaule. L'intelligentsia de l'époque, ceux déjà célèbres ou pas encore sont dans la salle: Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Sollers, Sagan, Roland Barthes, Nathalie Sarraute, Romain Gary…
La Mode aussi, ses créateurs - Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Rochas, Gunnar Larsen, Givenchy, Lagerfeld, Paco Rabanne, Guy Laroche - comme ses " créatures " : les plus beaux, les plus célèbres mannequins du monde, que Thierry Le Luron et ses complices Jacques Chazot, Mourousi et Jean Marie Rivière viennent contempler en douce avec Régine, Castel ou les frères Botton.
Pêle-mêle, César, Tristan Tzara, Alberto Giacometti, Dali, Pierre Seghers, Pierre Brasseur, Alice Sapritch, Serge Reggiani, Jean Vilar et le psychanalyste Jacques Lacan prolongent la tradition du Café de Flore pendant les années soixante .
Des années 80 à Aujourd'hui
Saint-Germain des Prés est devenu le village de France le plus connu dans le monde !
Le Flore, Les Deux-Magots et Lipp en sont les chapelles.
En 1983, Mr Boubal rencontre Mr et Me Siljegovic, leur sensibilité respective s'accordent parfaitement quand au Flore, à son "aura", à son avenir, Mr Boubal trouve en eux les dignes successeurs de ce lieu déjà mythique.
On dit du Flore qu'il est un "mythe", "une institution", qu'il ne s'offre qu'à une clientèle d'initiés.
Les fantômes de ceux qui l'ont fréquenté, les visages - connus ou pas - de ceux qui le fréquentent en font un endroit chargé d'un riche passé mais bien ancré dans son présent. La clientèle est un subtil mélange d'artistes, d'écrivains, d'intellectuels, de journalistes, politiques, stylistes ou "grands patrons", mais aussi de fidèles anonymes. Au Flore on vient sans se donner rendez-vous et on rencontre les gens avec qui on aurait pu avoir rendez-vous. On y vient pour voir, pour se faire voir mais on tient à la discrétion. La clientèle française est celle d'hier et plus encore celle d'aujourd'hui. Serge Gainsbourg buvait invariablement un double pastis 51 qu'il avait baptisé un "102". Gianni Agnelli y établit ses dîners familiaux parisiens. A l'heure de la Fiac, Francis Bacon s'attablait au Flore, il y arrivait en fin de matinée et n'y bougeait plus jusqu'en début de soirée.
Au Flore, les premières heures de la matinée appartiennent à quelques habitués dont le rituel ne craint pas les années, parmi eux: Jean-Loup Sieff, Alain Ayache qui se plaît à dire "Prendre son café au Flore rend un peu plus intelligent". Puis, suit alors la ronde des rendez-vous journalistiques et politiques.
Au Flore, il nest pas une journée qui se ressemble et pourtant elles se ressemblent toutes. Au premier étage, Juliette Gréco aime rêver, pour elle "Au Flore les gens sont un peu moins laids qu'ailleurs", non loin Elkabach lit son journal, Jean Drucker mène une conversation animée. C'est là que les auteurs aiment donner des interviews, les acteurs faire leur rendez-vous. Claire Chazal retrouve une amie et papote comme une collégienne, Catherine Deneuve aime le rez-de-chaussée et l'étage indifféremment, comme sa fille Chiara Mastroianni.
Fabrice Lucchini, léger comme une plume, promène sa folie sous les lustres Art-déco du Flore.
Souvent Bernard-Henri Lévy déjeune à la même table, celle à droite sous la pendule, c'est là que, plutôt s'asseyaient les membres du PCF, Arielle Dombasle, sa femme, le rejoint ou accompagne sa grand-mère pour un thé plus tard dans la journée quand Laurent Terzieff est déjà attablé. Sonia Rykiel et Nathalie, sa fille, ont leur table réservée tous les jours jusque 13h30, essayez un peu de vous y installer avant vous serez rapidement écarté par le garçon. Privilège partagé par Danielle Thompson et son mari, Albert Koski, pour leurs brunchs du week-end, ils reçoivent comme chez eux, la famille, les copains…
Chaque année, Lauren Bacall séjourne quelques mois à Paris, à Saint-Germain des Prés, et passe de longs moments au Flore, elle a cette présence unique de grande dame, sublime et discrète. Mais le Flore est avant tout un café littéraire où les auteurs d'hier et d'aujourd'hui se réunissent: Albert Cossery, François Nourrissier, Pierre Bourgeade, Jean d'Ormesson, Jorge Semprun, Tahar Ben Jelloun sont des fidèles. Peu après la sortie de "l'Alchimiste", Paulo Coelho se montre au Flore et y passe la majorité de ses après-midi parisiennes.
Autour d'un verre, Patrick Besson et Marc-Edouard Nabe aiment à polémiquer. Pascal Bruckner et Yves Simon s'entretiennent doucement tout en se saluant les uns et les autres.
Au Flore, le cinéma américain est aussi largement représenté: Sharon Stone aime y déguster du champagne, Robert de Niro passe de longues matinées à observer les passants, Francis Ford Coppola déclare sur une chaîne française que son rêve est de vivre à St-Germain des Prés pour pouvoir chaque matin prendre son petit déjeuner au Flore (sa fille Sofia est une fidèle). Johnny Depp n'a pas d'heures: tôt le matin, en plein après-midi, ou tard le soir. Au printemps Isabella Rosselini se prélasse en terrasse, Jack Nickolson, cigare en bouche, profite des premiers soleils…Al Pacino, Tim Burton, Matt Dillon, Harvey Keitel, Gary Oldman, Cher, Paul Auster s'y croisent.
Que peut-on dire du Flore, peut-être qu'il su être et rester un endroit unique et préservé, qu'il est devenu le carrefour des modes et des pensées, qu'il est à tous et à chacun…
http://www.cafe-de-flore.com/index2.htm
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Commentaires (3)
1. gorrez 17/07/2011
bonjour je ne connaissais pas trop le maniement de l'ordinateur et là je vous remercie de cette adresse je dirai que j'aime écrire en sms car on n'en écrit plus et là revenu dans ce pays de chti comme on dit de mes poèmes jetés et depuis peu quelques nouvelles traduites en chti sur les mines de charbon dont je slam je me suis mise a écrire des chansons mais voilà comme je le disais souvent tout dort et là les années que j'ai eu a écrire dessiner hurler en silence pour dénoncer aux enfants la folie de l'homme par ces guerres et comme on dit l'espoir fait vivre donc j'espérai que mon livre de poésie d'un tiroir en sortira et voilà mon livre qui est sur les vagues du temps sortira en novembre ouf!mais merci pour votre réponse que je viens de découvrir voici quelques années que je bataille avec cet ordinateur et j'en découvre les coins et recoins l'an prochain 70piges oh!la !la ! juliane zerrog le nom de mon livre
2. Claude Cotard 14/12/2009
Bonjour,
Je doute sincèrement que Juliette, cette grande amoureuse de la langue française apprécie ce type d'écriture (langage SMS).
Je doute également qu'elle fréquente encore beaucoup le café de flore, mais je pense que vous pouvez lui écire via sa maison de disque :
Universal Music C.o Polydor
22 Fossés St Jacques
75005 Paris
Cordialement.
3. jacquens eliane 12/12/2009
j'em écrir comm sur le portabl. bj aimerai avoir ladress de juliette gréco ke j'admir depui l'enfance je me sui mise a lécritur depui plu 20a des poèmes et là dé chanson mé en l' écoutant je lui é écri 1chanson mé san l'adress dificil de lenvoyé é cé en lisant 1 revu ou il é écri ke juliette gréco é 1 abituée du café le flore alor peut etre ke par ce moyen je pourré la joindre ou encore si ell a 1 site merci d1réponse pour kelk1 ki é loin de pari dificil davoir dé adress merci poesiane62@hotmail.fr